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« Elle m’a dit dans ma langue, en russe : “Ne bouge pas d’ici.” C’était un ordre. Puis elle est remontée en voiture, elle a démarré et elle a disparu dans le noir. J’ai obéi. Je n’ai pas osé bouger. J’étais paralysée de peur. Sur la place, il n’y avait que moi. Toute seule. Qui étais-je ? » Regina vient d’Ouzbékistan. Son père a été assassiné sous ses yeux, sa mère a décidé brutalement de fuir en Europe. Mais la jeune réfugiée veut croire au pouvoir de la mémoire, croire en un monde meilleur."

Bea Deru-Renard traite d'un sujet difficile, pas souvent abordé en littérature de jeunesse. Elle décrit un pays en crise, l'Ouzbekistan, dans sa période post-soviétique. D'origine arménienne, Regina parle russe et est une chrétienne orthodoxe. A cause de cela, sa famille est menacée : son père est assassiné et elle-même agressée. Elle doit fuir et devient une réfugiée en Europe occidentale, quittant ainsi sa meilleure amie ouzbek et ses préoccupations d'adolescente. C'est dur, parfois insoutenable, mais l'auteur réussit à mettre dans son récit beaucoup d'humanité. Derrière Regina l'immigrée, il y a toute une histoire : en Ouzbékistan, mais bien plus loin dans le temps, en Arménie, où ses ancêtres ont été déportés. Une histoire forte dont on ne ressort pas indemne.

A partir de 15 ans.

Juliane