Rebecca a traversé l’Atlantique pour assister au mariage de Sarah, sa cousine américaine. Celle-ci a décidé de s’unir avec le bel Adrian. Rebecca ne se sent pas à l’aise : elle a eu le coup de foudre pour le futur marié. Mais alors que tout semblait joué, Rebecca change d’avis. « Sarah a fait exactement neuf pas sur la bande de moquette écarlate tendue entre le porche et l’autel. Sept pas lents et gracieux, les yeux baissés, comme captive du rayon de lumière qui la nimbait d’or pâle. Au huitième pas, elle a dégagé son bras de celui de son père. Au neuvième pas, elle a lâché son bouquet. Elle fixait l’autel, les yeux agrandis, comme si le cube de marbre blanc venait de basculer pour dévoiler l’entrée des Enfers. Puis elle a fait demi-tour ». En quittant l’église, Sarah embarque Rebecca et Liviana, leur grand-mère quelque peu distante, dans une voiture à destination de la côte Ouest des Etats-Unis. Sarah qui, à prirori a tout pour être heureuse, fuit mais que fuit-elle vraiment et qu’est-ce qui peut bien la terroriser au point de tout quitter ?

 

Le point fort de cette lecture est assurément le style de l’auteur, Christine Féret-Fleury. Certains reconnaîtront peut-être l’écriture de celle qui a su nous faire rêver avec de nombreux romans d’aventure très réussis. Les mots résonnent intelligemment, le récit est fluide, la structure intéressante. Il y a là sans nul doute une faculté incoyable à nous faire tourner les pages encore et encore, d’une traite et sans voir le temps passer. Cependant, certaines faiblesses sont à relever. Si l’idée de prendre trois personnages féminins et d’alterner leurs points de vue est originale, l’ensemble manque de crédibilité. L’identité du tueur en série est vite identifiable et les rebondissements sont un peu trop grossis. Christine Féret-Fleury a peut-être aussi voulu aborder trop de thèmes pour que l’on puisse s’immerger réellement dans le roman. Coming-out et homosexualité, introspections, quêtes identitaires sur fond de road-movie et de thriller en deux cents cinquante pages… trop en trop peu de pages pour s’identifier aux personnages qui sont quant à eux survolés. Et si on se réjouit dès le début de découvrir plus en profondeur l’histoire des sorcières de Salem, nous sommes vite déçus de ne pas en savoir davantage.

Au final, on éprouve un étrange sentiment de manque. Il manque de la crédibilité, de la profondeur, une ambiance et du suspense et que c’est dommage, oui vraiment, parce que Christine Féret-Fleury a tellement de talent. Elle en a encore dans ce roman bien sûr, mais j’en demande bien plus encore ! Peut-être la même histoire avec deux cent cinquante pages de plus ?

Juliane