campojeunesseleblog

21 septembre 2012

To be or not to be...

Je pense à notre petit rayon jeunesse, dans le noir, qui prend la poussière. Je pense à ce serrement au coeur que j'ai de ne pas pouvoir découvrir les romans de la rentrée, de ne pas les déballer des cartons en les touchant comme des objets précieux, en lançant à mes collègues un regard entendu. Je pense à nos clients, nos échanges, nos coups de coeur, nos débats passionnés, nos grandes découvertes, notre language secret. Je suis passée devant la librairie fermée aujourd'hui, j'ai regardé la vitrine et ces livres tristes de ne pouvoir être partagés. Ma librairie me manque. C'est aussi la librairie de mes 38 collègues et celle de tous ceux qui, un jour, ont goûté au plaisir de se perdre dans ce lieu magique. 

J'ai constaté que les visiteurs continuent à venir régulièrement sur le blog, je posterai donc des critiques à l'avenir, même si j'ai cette impression douloureuse d'être déjà bien trop loin de ma librairie, celle-ci même qui m'a accueillie et qui m'a vue faire mes premiers pas dans le monde du travail et la vie d'adulte.

Merci à tous de continuer à nous lire et à très bientôt !

Juliane

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06 août 2012

La trace / Christine Féret-Fleury / Hachette Jeunesse / 15 euros

De retour de vacances et enfin un ordinateur pour écrire une critique !

9782012023475FS

Rebecca a traversé l’Atlantique pour assister au mariage de Sarah, sa cousine américaine. Celle-ci a décidé de s’unir avec le bel Adrian. Rebecca ne se sent pas à l’aise : elle a eu le coup de foudre pour le futur marié. Mais alors que tout semblait joué, Rebecca change d’avis. « Sarah a fait exactement neuf pas sur la bande de moquette écarlate tendue entre le porche et l’autel. Sept pas lents et gracieux, les yeux baissés, comme captive du rayon de lumière qui la nimbait d’or pâle. Au huitième pas, elle a dégagé son bras de celui de son père. Au neuvième pas, elle a lâché son bouquet. Elle fixait l’autel, les yeux agrandis, comme si le cube de marbre blanc venait de basculer pour dévoiler l’entrée des Enfers. Puis elle a fait demi-tour ». En quittant l’église, Sarah embarque Rebecca et Liviana, leur grand-mère quelque peu distante, dans une voiture à destination de la côte Ouest des Etats-Unis. Sarah qui, à prirori a tout pour être heureuse, fuit mais que fuit-elle vraiment et qu’est-ce qui peut bien la terroriser au point de tout quitter ?

 

Le point fort de cette lecture est assurément le style de l’auteur, Christine Féret-Fleury. Certains reconnaîtront peut-être l’écriture de celle qui a su nous faire rêver avec de nombreux romans d’aventure très réussis. Les mots résonnent intelligemment, le récit est fluide, la structure intéressante. Il y a là sans nul doute une faculté incoyable à nous faire tourner les pages encore et encore, d’une traite et sans voir le temps passer. Cependant, certaines faiblesses sont à relever. Si l’idée de prendre trois personnages féminins et d’alterner leurs points de vue est originale, l’ensemble manque de crédibilité. L’identité du tueur en série est vite identifiable et les rebondissements sont un peu trop grossis. Christine Féret-Fleury a peut-être aussi voulu aborder trop de thèmes pour que l’on puisse s’immerger réellement dans le roman. Coming-out et homosexualité, introspections, quêtes identitaires sur fond de road-movie et de thriller en deux cents cinquante pages… trop en trop peu de pages pour s’identifier aux personnages qui sont quant à eux survolés. Et si on se réjouit dès le début de découvrir plus en profondeur l’histoire des sorcières de Salem, nous sommes vite déçus de ne pas en savoir davantage.

Au final, on éprouve un étrange sentiment de manque. Il manque de la crédibilité, de la profondeur, une ambiance et du suspense et que c’est dommage, oui vraiment, parce que Christine Féret-Fleury a tellement de talent. Elle en a encore dans ce roman bien sûr, mais j’en demande bien plus encore ! Peut-être la même histoire avec deux cent cinquante pages de plus ?

Juliane

 

06 juillet 2012

Une île trop loin / Annika Thor / Thierry Magnier / 18.50 euros

9782364741171FS

"Steffi et Nelli, petites filles juives autrichiennes fuyant les persécutions nazies, arrivent sur une île suédoise battue par les vents. Elles sont accueillies, l'une par une famille protestante austère, sans enfant, l'autre par une famille avec des enfants de son âge. Les années passent, les nouvelles d'Autriche se font de plus en plus rares. A la fin de la guerre, les deux jeunes filles retrouveront-elles leurs parents ? Une tétralogie multiprimée."

Ils sont rares ces livres dont vous vous souvenez des années après les avoir lus. J'ai découvert cette tétralogie lorsque je suis arrivée en librairie en 2006 et aujourd'hui encore, en y repensant, l'histoire de Steffi et Nelli m'émeut. De son écriture fine, délicate et pudique, Annika Thor nous livre un petit chef-d'oeuvre. Et quelle brillante idée de la part des éditions Thierry Magnier de nous proposer cette intégrale. N'hésitez pas. N'hésitez surtout pas, vous ne sortirez pas indemne de cette lecture-là.

Adolescents

Juliane

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02 juillet 2012

Les chiens de la prequ'île / Ahmed kalouaz / Rouergue / 9 euros

9782812603365FS

"Pourquoi des chiens disparaissent-ils mystérieusement cet été-là, en Bretagne ? Childéric passe des vacances inoubliables avec un grand-père pas comme lesautres, qui roule en side-car accompagné de son chien Lasco. Prêts pour l'aventure ? A fond de train, le trio nous emmène sur la trace des voleurs de chiens..."

Un petit roman agréable, parfait roman policier pour l'été. Les chiens de la presqu'île met en scène une amitié intergénérationnelle mise en valeur par des dialogues piquants et une flopée de rebondissements. A lire dès 10 ans.

Juliane

 

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30 juin 2012

On est doué ou on ne l'est pas !

Aujourd'hui est un jour mémorable. En effet, en ce samedi 30 juin, après un an d'existence du blog, j'ai découvert l'onglet "commentaires" au hasard de ma rêverie informatique quotidienne. Donc, avec beaucoup de retard, je les mets en ligne et vous remercie au nom de l'équipe jeunesse. C'est chouette de pouvoir avoir un retour quel qu'en soit la nature. 

Beaucoup de commentaires sur le concours "Cabane Magique" ! Pour obtenir plus d'informations concernant les résultats, il faut contacter directement l'éditeur, Bayard Jeunesse. Le lien est le suivant : http://www.bayard-jeunesse.com/Nous-contacter/Vous-souhaitez-nous-ecrire

À bientôt pour de nouvelles critiques !

Juliane

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29 juin 2012

Des étoiles au plafond, Johanna Tydell, Thierry Magnier, 17.80 euros

9782844208576FS

"Tout allait bien pour Jenna, quand sa mère est tombée malade. Et franchement gérer le quotidien, les courses, les repas, le ménage, ça n'a rien de drôle. Heureusement il y a Susanna, sa meilleure amie, celle avec qui elle peut fantasmer sur Sakki et partager sa haine pour sa voisine Pénélope, pourtant adulée par tous au collège. Chaque jour, la santé de sa mère se dégrade, Jenna grandit, change, elle comprend que la grande liberté de Pénélope cache quelque chose. Comment rester insensible à l'histoire de cette toute jeune fille qui continue sa vie de pré-ado en affrontant un chagrin trop grand ?"

Gros coup de coeur pour ce roman qui n'est pas une nouveauté puisqu'il est sorti en France en 2010, mais qui n'était alors pas passé inaperçu. Premier écrit de Johanna Tydell, Des étoiles au plafond, reflète bien la qualité d'écriture des auteurs scandinaves pour la jeunesse. Avec des mots simples et de manière presque détachée, l'auteur arrive à transmettre à la perfection l'état d'esprit de l'héroïne, partagée entre ses émois d'adolescente et la dure réalité de la maladie. Impossible de rester insensible à cette histoire bouleversante, tant qu'il est difficile après ça de relire un tout autre roman.

À partir de 13 ans

Juliane

 

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25 juin 2012

Cette chanson-là, Sarah Dessen, Pocket Jeunesse, 7.60 euros

9782266228602FS

"Rompre avant que l'autre ne le fasse, telle est la philosophie de Julie en matière de garçons. Alors pourquoi ne parvient-elle pas à appliquer sa devise avec Damien ? Il est brouillon, impulsif et, pire que tout, musicien comme son père. Ce père qu'elle n'a jamais connu et qui lui a écrit une chanson célèbre avant de disparaître : "This Lullaby", qu'elle écoute quand elle a le coeur serré. Julie serait-elle en train de découvrir ce dont parlent toutes les chansons d'amour ?"

D'accord, on ne peut pas dire que "cette chanson-là" soit un chef d'oeuvre de la littérature de jeunesse. Mais ce n'est pas ce que l'on cherche en lisant un livre de Sarah Dessen. On cherche de la détente, de l'émotion et des bons sentiments. En cela, ce roman nous comble et nous offre en plus un beau portrait d'adolescente atypique, loin d'être la parfaite héroïne que l'on rencontre régulièrement dans les écrits sentimentaux. Outre les questionnements sur l'amour, on y trouve aussi une problématique sur la famille qui est loin d'être inintéressante.

Un livre qui donne un délicieux avant-goût de vacances.

À partir de 13 ans

Juliane

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23 juin 2012

Carbon diaries, Sacy Llyod, Pocket Jeunesse, 16.90 euros

9782266196147FS

"Carbon diaries 2015″ est le premier roman de la romancière britannique Sacy Llyod. C’est un roman d’anticipation, oui, mais il se déroule dans un futur extrêmement proche puisqu’il nous plonge dans l’Angleterre de 2015. Après la grande tempête qui a dévasté le pays, le gouvernement britannique a décidé de prendre des mesures environnementales, une première en Europe. Ainsi, chaque citoyen doit rationner sa consommation en carbonne, ce qui bouleverse leur quotidien. Pour Laura Brown, 16 ans, il est difficile de mener une vie d’adolescente normale dans de telles conditions. Finis les bains chauds, les heures passées à téléphoner ou à surfer sur internet et finies aussi les répétitions avec son groupe de musique punk. Pour déverser sa colère et ses sentiments, Laura décide de tenir un journal intime dans lequel on suit jour après jour les bouleversements qui touchent le Royaume-Uni et plus particulièrement la famille Brown.

Roman catastrophe par excellence, « Carbon Diaries 2015″ fait grandement penser à un autre succès de librairie, la série « Chroniques de la fin du monde », également aux éditions Pocket Jeunesse. Saci Lloyd s’y démarque par sa touche très « british » en insérant dans son récit des pointes humour qui en fait toute l’originalité. L’héroïne ne plaira pas à tout le monde puisqu’elle est en soit le cliché de l’adolescente : hautaine, froide, raleuse, indécise. Ce qui est davantage intéressant, c’est le contenu de ce journal intime. Alors que les questions environnementales sont plus que jamais d’actualité, « Carbon Diaries 2015″ possède une dimension réaliste quelque peu effrayante. Tout est crédible grâce à une description minutieuse des conséquences de décennies de comportements irresponsables (épidémie de choléra, égouts bouchés, Grande Puanteur, inondations), des mesures prises (développement des énergies alternatives, économies) et du traffic qui en découle. L’ensemble de ces détails permettent d’oublier une certaine faiblesse d’écriture. Car si Saci Lloyd manie avec talent l’humour noir et satirique, elle n’arrive pas à éviter les éceuils d’un premier écrit et une dimension moralisatrice qui peut être agaçante. Gageons que ces faiblesses ne se retrouveront pas dans la suite qui s’intitulera "Carbon diaries 2017" et qui paraîtra aux éditions Pocket Jeunesse.

"Carbon diaries 2015″ est LE roman catastrophe par excellence. Mais il est plus que ça. C’est un journal intime dans lequel Sacy Llyod rajoute une pointe d’humour très british qui en fait toute l’orinigalité. À découvrir.

 

À partir de 13 ans

Juliane

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22 juin 2012

Destinataires non communiqués, Grégoire Kocjan, Atelier du Poisson Soluble, 15 euros

9782358710329FS

 

Diifficile d'expliquer à quel point ce livre nous a emballés. Peut-être que si vous êtes passés dernièrement à la librairie, vous avez pu observer un comportement étrange de la part des libraires du rayon pratique et du rayon jeunesse. Quand je dis étrange, je pense à des ricanements, voire à des grosses poilades en soliltaire. C'est normal. Non, ce n'est pas le stress dû à la situation de la librairie ni les températures estivales qui nous montent à la tête. Non non, c'est l'effet Grégoire Kocjan. Essayez, vous verrez, ça marche du tonnerre (d'ailleurs merci à lui pour ces petits moments de bonheur qui nous changent les idées).

Destinataire non communiqués, c'est une série de lettres envoyées électroniquement à une série d'amis entre octobre 2008 et juillet 2009, qui relatent le tour de monde de Grégoire, Aurore et leur fils Silas, 5 ans (plus connu sous le nom de Bouboule). Et comme dans tout cahier de voyage qui se repecte, il y a des photos qui n'échappent pas au "gène du touriste" et des cartes aux légendes tout à fait honorables. Bref, oubliez tous les récits célèbres de gens célèbres qui ont fait des voyages célèbres, le meilleur, c'est celui-là et il est publié à l'Atelier du poisson soluble.

Juliane

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Dur Dur... mais nous sommes encore là !

Dur dur de lire quand la situation de la librairie est encore incertaine... Donc, avec beaucoup de retard mais avec toujours la même passion, voici quelques critiques. Et les derniers coups de coeur sont...

 

L' affaire Matisse, Georgia Bragg, Ecole Des Loisirs, 10.20 euros

9782211200950FS

"Matisse adore la peinture. Chaque jour, après l’école, il se rend au musée où sa mère est responsable de la sécurité pour s’entraîner à copier les chefs-d’oeuvre accrochés au mur. Un soir, en pleins préparatifs d’une exposition consacrée à Henri Matisse, le nouveau système de sécurité du musée tombe en panne. Matisse se retrouve seul dans la salle des tableaux du maître à qui il doit son prénom, sans caméras, ni gardiens. Il vient de terminer une reproduction parfaite du Portrait de Pierre Matisse. Il sait que c’est stupide et dangereux, mais il ne résiste pas et remplace le tableau original par sa copie, juste pour voir ce que ça fait d’être exposé dans un musée. Quand l’alarme se remet à fonctionner, Matisse n’a pas le temps de remettre à sa place l’original. Et maintenant, comment va-t-il faire pour échanger les tableaux ?"

À la fois roman à suspense et chronique familiale, L'affaire Matisse tient le lecteur en haleine. Les situations sont parfois un peu grossies mais au final, on obtient un roman très bien ficelé, ludique et drôle qui met en avant la quête d'identité d'un jeune garçon, tout en initiant les plus jeunes lecteurs à l'art. Pas mal!

À partir de 9 ans

Juliane

 

La petite terreur de Glimmerdal, Maria Parr, Thierry Magnier, 11.70 euros


9782364740396FS

 

"Tonje, presque dix ans, est la seule enfant de Glimmerdal ; son meilleur copain, Gunnvald, a soixante-douze ans. Tous les deux, ils fabriquent des bobsleighs pour dévaler la montagne à toute blinde en hiver, en hurlant leur joie et leur trouille. Le seul problème dans la vallée : c’est Klaus Hagen, le propriétaire du camping : il déteste le bruit, les enfants, et... Tonje. Jamais à court d’idées et d’inventions, Tonje est bien contente quand une famille avec enfants s’installe au camping… Ce deuxième roman de Maria Parr est meilleur que le premier, aussi drôle mais plus profond, les personnages plus complexes, les relations entre les héros plus riches."

Avis à tous ceux qui ont lu et adore "Cascades et Gauffres à Gogo", Maria Parr récidive et nous offre ce petit roman à consommer sans modération aucune. Les personnages sont inoubliables et les situations sans pareil. C'est frais, optimiste, jubilatoire et incroyablement drôle. N'hésitez pas, La petite terreur de Glimmerdal c'est du bonheur plein les pages !

À partir de 10 ans

Juliane

 

Max, Sarah Cohen-Scali, Gallimard Jeunesse, 15.90 euros


9782070643899FS

"19 avril 1936. Bientôt minuit. Je vais naître dans une minute exactement. Je vais voir le jour le 20 avril. Date anniversaire de notre Führer. Je serai ainsi béni des dieux germaniques et l'on verra en moi le premier-né de la race suprême. La race aryenne. Celle qui désormais régnera en maître sur le monde. Je suis l'enfant du futur. Conçu sans amour. Sans Dieu. Sans Loi. Sans rien d'autre que la force et la rage.
Je mordrai au lieu de téter. Je hurlerai au lieu de gazouiller. Je haïrai au lieu d'aimer. Heil Hitler !" Max est le prototype parfait du programme "Lebensborn" initié par Himmler. Des femmes sélectionnées par les nazis mettent au monde de purs représentants de la race aryenne, jeunesse idéale destinée à régénérer l'Allemagne puis l'Europe occupée par le Reich"

Sarah Cohen-Scali a décidé de traiter un sujet inexistant en littérature de jeunesse. Un sujet quasiment tabou. Le pari était plus que risqué. Mais le résultat est à la hauteur de nos attentes. Grâce à un impressionnant travail de recherche, elle met en scène avec brio les destins croisés de Max, enfant du "Lebensborn" et conditionné dès sa naissance (et même avant) pour être un parfait aryen et de Lukas, jeune juif polonais, en évitant tous les débordements que l'on pouvait craindre. De la répulsion au dégoût, on arrive à la compréhension. Et il est là le talent certain de Sarah Cohen-Scali : nous faire ressentir un panel incroyable de sentiments pour nous livrer, au final, une fable historique pleine d'humanité. Indispensable.

Adolescents

Juliane

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