
Cameron, une lycéenne de dix-sept ans, est atteinte d'un cancer. Elle est persuadée d'être condamnée et de ne jamais pouvoir fêter ses dix-huit ans. Sa mère veut tout tenter pour la sauver. Ensemble, elles vont prendre la route pour rejoindre Promise, une ville réputée pour ses miracles. Cameron est plutôt sceptique mais veut bien faire plaisir à sa mère. Dès leur arrivée à Promise, une série de phénomènes étranges, paranormaux, vont se produire. Et puis, il y a cette liste qui lui parvient. Une liste de choses à faire avant de mourir. Avec Asher, un jeune homme très mystérieux, elle va faire en sorte que chaque point de la liste se réalise.
Je ne vais pas vous mentir, il y a une sacrée dose de mièvrerie dans ce roman. À cause d'un trop plein d'émotions de toutes sortes, on tombe vite dans l'excès et dans le manque de justesse. Le sujet rappelera à certains lecteurs le livre "Je veux vivre" de Jenny Downham. Une liste de choses à faire avant de mourir, des sentiments à cent à l'heure, l'impression de se sentir vivant quoi qu'il advienne, c'est la même idée mais beaucoup moins bien traitée. Et on a du mal à imaginer que cette histoire puisse être possible en réalité lorsqu'on est atteint d'une maladie inucurable. Bref, ça dégouline de bons sentiments et cela au détriment d'un univers qui se révèle être tout à fait original. Wendy Wunder fait de Promise une ville irréelle au décor et aux personnages si mystérieux qu'on se croirait dans un rêve éveillé, proche de l'imaginaire de Tim Burton.
Au final, "La fille qui ne croyait pas aux miracles" manque d'authenticité. L'univers étrange et décalé est intéressant mais effacé par un excès d'émotion.
Juliane

Imaginez… d’une seconde à l’autre, toutes les personnes âgées de plus de quinze ans disparaissent. Sam et Astrid sont en cours d’Histoire lorsque l’invraisemblable se produit. Il faut alors s’organiser : s’occuper des tout-petits, trouver de la nourriture, attribuer des tâches à chacun. Lorsque Caine et sa bande du lycée privé décident de tout prendre en main, les choses s’enveniment dans la Zone. Tandis que les luttes de pouvoir font rage, chacun doit gérer des facultés étranges apparues plus ou moins récemment. Tout cela a-t-il un lien avec la centrale nucléaire qui se situe à la frontière de la Zone? Il reste peu de temps à Sam pour élucider le mystère, quelques jours à peine, trois cents heures exactement avant la date anniversaire de ses quinze ans.
Enfin la sortie en poche du premier tome de la série de Michael Grant ! Série à succès et succès justifié. Gone est un livre original qui ne se lit pas mais se dévore. On pourrait situer cette sorte d’ovni littéraire entre le livre « Sa majesté des mouches » de William Golding et la série télévisée «Heroes». Mais Michaël Grant a su y apporter sa touche personnelle et nous livre au final une histoire réaliste au compte à rebours insupportable.
Gone fait partie de ces livres qui nous rendent complètement dépendants! Et si vous ne les avez pas encore lus, sachez qu’il y a quatre volumes déjà parus en France, de quoi satisfaire amplement notre curiosité.
Intelligent et addictif, Gone fait sans nul doute partie des indispensables de la littérature de jeunesse. Il faut le lire !
Juliane

Greg a 17 ans. Loin d'être sociable, il passe ses journées en compagnie de Earl, son seul ami. Passionnés de cinéma, ils rêvent de tourner leurs propres films. Lorsque la mère de Greg l'oblige à distraire une ancienne camarade de classe atteinte d'une leucémie aïgue, c'est loin de le ravir. Et pourtant un lien va se nouer entre ces trois personnages atypiques même si tous trois sont très différents.
Le titre, le nom du personnage, ça vous rappelle vaguement quelque chose, non? Et bien détrompez-vous, Journal d'un loser n'est pas une pâle copie de la série Le journal d'un dégonflé. Jesse Andrews s'adresse à des lecteurs plus âgés et réussit à nous offrir une histoire pleine d'humour alors que le sujet ne s'y prête pas. C'est décalé, complètement délirant, ironique, et bizarrement, alors qu'on ne s'y attend pas du tout, vraiment touchant. Bref, Journal d'un loser est un livre intelligemment écrit, surprenant et inventif.
À partir de 13 ans
Juliane

"Pour Sarah, tout a changé. Un déménagement, une nouvelle école, de nouveaux amis, un nouveau groupe de rock où elle chante... Et surtout, un nouveau petit copain, Seb, qui voudrait plus que des baisers... La jeune fille voit le grand moment approcher. Est-elle prête? Est-ce le bon garçon? Au delà de ce qu'elle sait sur la sexualité, des conseils de sa soeur et des histoires de ses copines, Sarah va devoir faire sa propre expérience..."
La première fois de Sarah est le premier titre d'une toute nouvelle collection des éditions Pocket Jeunesse, intitulée "Oseras-tu". Cette collection s'adresse aux grands adolescents et aborde de façon réaliste des sujets qui les concernent comme dans ce titre-ci, les relations sexuelles.
L'auteur a su trouver les mots justes pour décrire les sentiments de l'héroïne et de manière générale les grands changements de l'adolescence. Elle aborde le thème délicat des premières relations sexuelles avec justesse, avec pudeur mais en même temps sans jamais être trop moralisatrice. En fait, elle pose simplement les questions que toutes peuvent se poser : Est-ce que c'est la bonne personne? Est-ce que c'est le bon moment? Parce qu'il est facile de se tromper, d'être perdue, d'être aveuglée ou de faire le mauvais choix comme l'a fait une autre jeune fille du roman qui en subit les conséquences.
À partir de 15 ans
Juliane

"Moi, la fille qui fuit l'amour, je suis tombée dedans la tête la première. Paf, d'un coup, comme ça.
C'est Gersande, 14 ans, qui parle, petite soeur de Margotte, plongée dans le coma. Gersande qui s'est mis en tête de dénicher pour sa "soeur au bois dormant" un vrai prince charmant, dont le baiser la ramènera à la vie. Sauf que cette quête va entraîner la cadette plus loin que prévu."
Un court roman rempli d'émotion, tout en finesse et en pudeur qui pourrait être qualifié d'ôde à la vie. C'est simple, profond, efficace, à la portée de tous les lecteurs dès le collège.
Juliane

"Je ne comprenais pas où j'allais, mais j'y allais. Je savais juste que je vivais un des moments les plus importants de ma vie. Que ça y était, moi le nul, le redoublant, le presque dernier de la classe, le 30e sur 31, j'avais réussi quelque chose." A la fin de la troisième, Vincent Cuvellier est viré du collège. Son adolescence, c'est des stages bidons, des petits boulots, le chômage... mais aussi les filles et la rage de s'en sortir. Il sait une chose : il adore écrire et rêve de devenir écrivain. Alors il écrit, sans poser de questions. C'est comme ça qu'il publie premier roman. A 16 ans. Vingt-cinq ans plus, il se souvient de ses débuts d'écrivain."
Vincent Cuvellier nous invite à découvrir son parcours d'écrivain. Il nous raconte avec son talent habituel son cheminement atypique et la manière dont l'écritue est intimement liée aux différentes étapes de sa vie. Tout cela est narré "à la Vincent Cuvellier", soit avec beaucoup d'humour et de simplicité. On s'attache tendrement à cet écrivain qu'on sent proche de nous.
Juliane

Lorris Murail nous propose avec Afirik, une ukronie. L’époque n’est pas située, certains repères nous font penser que le récit se déroule au 18ème siècle. Ce sont les épidémies qui ont ravagé l’Europe qui ont bouleversé le cours de l’Histoire. L’Europe, désormais nommée Septentrion, est ravagée par la misère et la déchéance. Des bateaux accostent en Afirik et à leurs bords, des milliers d’hommes blancs, des esclaves qui travailleront dans les plantations africaines. Ils sont appelés les Cornes d’Ivoire. Mari est une jeune fille qui, contrairement à la majorité de ses semblables, ne travaille pas dans les champs. Elle sert une famille aisée dans une somptueuse villa. Elle est le souffre-douleur de la fille de ses maîtres. Lorsque sa mère meurt, son poste est compromis ainsi que sa situation privilégiée. Son rêve : rejoindre Septentrion et être libre…
Afirik est un livre extrêmement riche et détaillé notamment quand il s’agit de décrire l’esclavage. Lorris Murail en montre ainsi tous les aspects tels qu’on les a appris dans nos livres d’Histoire et ceci même si la situation est inversée. Les êtres humains sont déshumanisés, violentés, humiliés physiquement ou moralement, d’où la violence qui se ressent dans la lecture. Rien n’est occulté, on suit le trajet de ces esclaves des cales des bateaux aux plantations, en passant par la vente sur les marchés. Dans une première partie, Lorris Murail s’attache à mettre en place le contexte à travers une succession de scènes quotidiennes. En même temps, à l’opposé de l’horreur subie par les esclaves, on a une vision de l’Afrique qui est très belle. Ses paysages, ses trésors naturels sont très bien mis en valeur. Puis, peu à peu, l’histoire s’oriente sur le personnage de Mari. Elle a à priori plus de chances que ses semblables, pourtant un drame va la toucher et bouleverser son existence. À travers son récit, il y a bien sûr une réflexion sur la liberté. Mari rêve d’être libre, de retourner sur ses terres d’origine et d’en découvrir toutes les particularités, les coutumes, les croyances, les langues. C’est alors une véritable quête initiatique qui compose le roman. Elle est d’ailleurs bien plus intéressante en soi que le personnage de Mari qui manque de consistance.
Lorris Murail nous offre donc un beau roman initiatique en même temps qu’une réflexion poussée sur la liberté. Afirik se lit aussi comme un roman à rebondissements où il y a très peu de temps morts. Saluons enfin la qualité d’écriture qui en fait un roman riche et passionnant, à suivre prochainement.
Adolescents
Juliane

Naïla vient de subir une double perte. Sa petite fille de seize mois est décédée d'un cancer et son mari dans un accident de voiture. Seule avec son chagrin et son dur travail de deuil, elle décide de rejoindre la maison familiale au bord du fleuve Saint-Laurent. Elle aide ainsi sa tante Hilda à effectuer divers travaux de rénovation. Lorsqu'elle s'aventure dans le grenier pour y faire du rangement, elle y découvre de mystérieux livres de sorcellerie ainsi que des lettres d'une aïeule. Elles sont adressées à Naïla mais dans une langue qu'elle seule est capable de déchiffrer. Son existence bascule ce jour-là. Une voyante et plus fidèle ami lui révèle un destin incroyable, semé d'embuches et de défis. Dans ce monde mais surtout dans un autre, sur la Terre des Anciens. Car Naïla n'est pas une simple mortelle, elle est une fille de lune, la seule capable de réparer les erreurs de cette lignée désormais maudite.
Naïla de Brume est le premier tome de la série Filles de Lune qui en compte quatre parus en France. Initialement édités par Mortagne Fantasy, c'est désormais Pocket Jeunesse et Pocket qui proposent le texte en format poche. Certains connaissent peut-être déjà cette série de l'auteur canadienne Elisabeth Tremblay qui a remporté le succès grâce au bouche à oreille.
Naïla de Brume s'inscrit dans la lignée des grands classiques de la littérature fantastique pour adolescents. L'auteur prend son temps pour dresser le personnage de Naïla, une héroïne haute en couleurs, volontaire, courageuse, au destin incroyable. Un beau portrait de femme. C'est vrai que cette première partie est un peu lente et pourra décourager quelques lecteurs, mais ça cadre parfaitement avec la situation du personnage. Naïla doit prendre son temps pour faire son deuil. Tout s'accélère dans la deuxième moitié du roman qui présente l'autre monde, la terre des Anciens, son fonctionnement, ses peuples et la malédiction qui pèse sur la lignée des filles de lune. On fait également la connaissance d'Alexis. La relation entre le beau brun et Naïla est électrique ce qui donne des échanges particulièrement plaisants!
Naïla de Brume est un livre qui, malgré une trame un peu classique, possède son piquant et son originalité. Il y a, par contre, une réelle faiblesse dans l'écriture, notamment dûe à un abus des points de suspension (vraiment agaçant) et à des dialogues qui sonnent souvent creux. Cela amoindrit l'intensité de cette quête initiatique. Et que dire de la couverture (d'ailleurs proches de celles des grands formats)? Un peu vieillotte, un brin kitschounette, on préfèrera celle du poche adulte, édité chez Pocket.

Naïla de Brume est un roman à découvrir malgré divers désagréments. Elisabeth Tremblay dresse un beau portrait de femme forte dans un univers riche qui séduira sans nul doute les amateurs de fantasy.
À partir de 13 ans
Juliane

"Shosha est en Terminale. Voici son journal et plus encore. Shosha se sent comme un volcan prêt à cracher à tout moment ses laves brûlantes. Depuis qu'elle est née, c'est plus fort qu'elle, tout l'écoeure et l'enrage. Que comprendre de ce feu intérieur qui l'embrase et l'épuise? Comment faire le choix de la vie et surtout en cette année où l'Histoire la rattrape?"
Deuxième volume de la nouvelle collection intitulée "Emotions" et proposée par les éditions Flammarion, "Je renaîtrai de vos cendres" aborde le thème de la colère. Colère de cette adolescente, contre la vie, contre elle-même aussi. L'écriture est donc tranchante, rageuse, sèche mais est entrecoupée de citations littéraires et de poèmes de Shosha. Je ne cache pas le côté agaçant de la chose même si les références en question ont leur importance. Dans la première partie de ce livre, on peut être rebutés par le personnage de Shosha et on a d'ailleurs du mal à comprendre sa colère. C'est en atteignant la seconde partie du livre que l'on a des explications et on apprend que tout est lié à l'Histoire et à des secrets de famille.
Elisabeth Brami se sert de son expérience de psychologue pour adolescents afin de dresser le portrait de Shosha. Elle utilise également sa propre expérience personnelle pour aborder le thème de la Shoah, derrière le poids des secrets de famille. L'ensemble est intéressant mais pas forcément convaincant. Il faut dépasser le côté agaçant de la première partie pour atteindre la profondeur de l'histoire. Un processus certes normal et justifié mais un peu laborieux à la lecture.
Adolescents
Juliane

Clarisse voudrait tout simplement être une autre. Depuis que sa mère a quitté la maison, elle vit avec son père. Mais toutes les larmes qu’elle a versées n’ont pas réussi à effacer les souvenirs des jours heureux. Son père a beau se réfugier dans le travail et multiplier les rencontres pour se sentir moins seul, elle voit bien qu’il est triste. Tout comme elle. Et ça fait mal. Heureusement, c’est la rentrée en première et Clarisse retrouve Elsa, sa meilleure amie. Elsa, la confidente, celle qui l’a soutenue pendant les moments difficiles, vient de repérer un nouveau au lycée et n’a pas l’intention de le laisser filer. Le bel inconnu s’appelle Julien, et adore la poésie et le jazz. Sauf qu’en croisant son regard bleu émeraude, Clarisse se sent bouleversée comme jamais. Mais a-t-elle le droit d’aimer et d’être aimée, sans trahir son amie ?
Un roman sans prétention qui aborde simplement les sentiments amoureux et... ses complications! On y trouve aussi un beau portrait père-fille d'où ressort toute l'émotion de ce texte. Elle est si gentille n'est peut-être pas un roman dont on se souviendra mais il en émane de la simplicité et de la justesse qui nous touchent au moment de la lecture.
Adolescents
Juliane